• Styna Ambouille

Les innovations françaises sur l’hybridation des formations

Dernière mise à jour : 13 avr.

Qu'est-ce qu'une formation hybride ?


Une formation ou enseignement hybride désigne une organisation d’activités pédagogiques qui s’effectuent à la fois en présentiel et à distance. Dans le monde de la formation, elle est plus communément appelée formation en blended learning. L’hybridation porte sur l’ensemble des dispositifs de formation. Il existe plusieurs types de dispositifs, qui sont composés de dimensions variées : l’articulation du présentiel et du distanciel, la médiatisation, la médiation, l’accompagnement et l’ouverture.


Avec le contexte de la crise sanitaire plusieurs organisations dont les Ministères de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’Education Nationale, les universités, les entreprises du secteur privé et public, les écoles, les organismes de formation ont dû élargir leur offre de formation et proposer des enseignements à distance (Voici un article sur l'impact du Covid sur le digital learning).


Et ce très rapidement et parfois dans l’urgence. Cela a soulevé de nombreuses questions autour de la conception de cours à distance, le rôle de l’enseignant et/ou formateur, de comment assurer la continuité pédagogique tout en prenant en considération la fracture numérique, la fiabilité de la connexion internet, les outils, comment répondre aux besoins des enseignants et des apprenants et/ou étudiants etc. Il est vrai que l'enseignement à distance s’est démocratisé ces derniers temps. Certains définissent même l’année 2021 comme l’année de la transformation numérique.


Lancer des formations hybrides aux apprenants requiert donc l’utilisation d’outils numériques, ce qui pousse les chercheurs en sciences de l’éducation et en sciences cognitives et ingénieurs à proposer des solutions innovantes.


C’est ainsi qu’en 2020, le gouvernement par le biais de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) et du programme d’investissements d’avenir (PIA) a lancé le 31 juillet 2020 un appel à projets sur l’hybridation des formations d’enseignement supérieur. Quelle était la visée de cet appel à projets ?


De permettre aux établissements d’enseignement supérieur et aux étudiants de poursuivre leurs études, et ce quelle que soit l’évolution de la crise sanitaire à la rentrée de septembre 2020. Sur quel critère le jury s’est fondé ? Le caractère novateur des solutions, et sa diffusion. À l'issue de la sélection, 15 lauréats seront sélectionnés et recevront des subventions du gouvernement afin de développer leurs solutions. Il y a eu au total 69 projets déposés. Sur ces 69, 15 ont été retenus pour l’édition de 2020. Cet appel a réuni près de 90 établissements d’enseignement supérieur sur la France entière. Les lauréats ont bénéficié d'un soutien financier de la part du gouvernement français.



ET SI NOUS DÉCOUVRIONS DES PROJETS ?


Découvrons 4 projets parmi les 15 lauréats.

Au cœur de la thématique de l’hybridation de formation, le projet Hybrid’Une, coordonné par Aurore Deledalle, de l’Université de Nantes, a proposé la solution de capsules vidéo pour les temps en distanciel, notamment pour les cours magistraux dispensés. Les temps de présentiel quant à eux sont consacrés aux échanges, aux questions/réponses avec les étudiants de l’Université. Ils ont reçu une enveloppe de 1 000 000 € pour mener à bien leur projet jusqu’en février 2022.


NEED-U de Junia “l’école des transitions”, a développé quant à elle avec son projet “nouvelle expérience d’apprentissage et d’expérience”, la digitalisation et le renforcement de l’agilité pédagogique afin d’assurer une continuité de l’apprentissage des étudiants. Le projet coordonné par Vincent SIX a reçu 956 000€ de financement de septembre 2020 à septembre 2022.


Un autre projet très intéressant, le Projet Hybridation Technologique et Travaux Pratiques (HTTP) de l’EUT et du DLST de l’Université Grenoble Alpes, porte sur l’hybridation technologique et les travaux pratiques. En effet, ils ont développé des solutions pour hybrider les enseignements pratiques des formations, c’est-à-dire les travaux pratiques (les TP).


La crise sanitaire a déclenché une réflexion autour des enseignements distanciels et présentiels, ce qui a affecté les enseignements pratiques dont il est désormais certain qu’ils ne seront plus fréquemment réalisés dans les conditions dites habituelles. Avec ce projet, la démonstration de manipulation se fait à distance et les étudiants peuvent observer et aussi manipuler lorsqu’ils ont le matériel nécessaire à leur domicile. 1 352 000€ de subventions ont été versées pour soutenir ce projet coordonné par Mathilde LORETZ, qui a un potentiel de révolutionner à sa façon l’enseignement à distance.


Enfin, le projet SAMI (Système d’Activités Médiatisées et Immersives) est porté par l’Université Polytechnique des Hauts-de-France et l’INSA Hauts-de-France, est coordonné par Mourad ABED. Ce projet transpose l’hybridation de l’enseignement dans une autre dimension. En effet, le projet propose un modèle sur 3 dimensions. Tout d’abord la mise à disposition et la création de contenus en veillant à leur accessibilité numérique et la création d’un dispositif de sphères d'interactivité permettant la création et l’accompagnement. Deuxièmement, des activités hybrides d’enseignement et d’apprentissage.


Et enfin, la création d’un environnement collaboratif d’édition de contenus virtuels et immersifs pouvant alimenter les programmes sous forme de TP. Le caractère immersif du projet SAMI, avec la possibilité de suivre les enseignements dans une dimension virtuelle, résonne avec le dispositif de formation en réalité virtuelle qui est très en vogue actuellement. L’Université Polytechnique Hauts-de-France a reçu une enveloppe de 899 000€ pour leur projet jusqu’à juillet 2022.


La France a démontré sa capacité à développer et proposer des solutions innovantes pour un nouvel enseignement à distance. Le contexte de la pandémie du Covid-19, a permis à des universités, ingénieurs etc, de réfléchir à des solutions d’hybridation. Dans le cadre de cet appel à projets de l’ANR, plus de 69 projets ont été déposés, ce qui est un véritable succès français. Et cela s'avère être très prometteur pour l’avenir de l’enseignement à distance.


 

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