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La classe virtuelle : attention à la Zoomification !

Dernière mise à jour : oct. 20


Superstar de 2020, sauveuse du monde de la formation et meilleure amie des responsables RH et pédagogiques.

C’est ainsi que nous pourrions définir la classe virtuelle en 2020.


Logiquement, c’est vers cette modalité pédagogique que nous nous sommes tous rués lorsque le premier confinement a rendu caduc en quelques heures la formation présentielle, jusqu’alors roi incontesté du domaine. L'intégralité des formations et des cours sont passés en digital learning précipitamment.


Pourquoi ? Pour 3 grandes raisons faciles à comprendre :

  • c’était déjà un média (la visioconférence) que nous maîtrisons “plutôt bien” avant la crise

  • c’est sans doute la modalité la plus facile techniquement à mettre en place (qui n’a pas Google ou Teams ou Zoom dans son entreprise?) pour assurer une continuité pédagogique en urgence.

  • c’est aussi et surtout la modalité qui remet le moins en cause nos pratiques de formation puisque l’on peut facilement transposer la pédagogie utilisée en présentiel.


Pourtant, si vous avez vous aussi suivi des cours ou des formations de 6 ou 7h par jour en visio, vous avez très vite ressenti les limites de cette modalité utilisée ainsi.

Quelle est la bonne “dose” de classe virtuelle dans une formation ? Pour quels objectifs pédagogiques est-elle adaptée ? Comment combattre ses défauts et profiter de ses qualités ?


Avant de répondre à ces questions, définissons le terme “classe virtuelle”.


Mais déjà, de quoi parle-t-on lorsque l’on évoque une “classe virtuelle” ?


Ne disposant pas de définition précise dans le dictionnaire Larousse, nous sommes obligés d’en créer une, forcément imparfaite.


Une classe virtuelle est d’abord une modalité pédagogique (une “façon” d’apprendre quelque chose à quelqu’un) qui est distancielle et synchrone.

Distancielle car l’enseignant, le formateur n’est pas au même endroit physique que les apprenants ou les étudiants.

Synchrone, car le moment d’apprentissage a lieu “au même moment” pour le formateur comme les apprenants, qui échange en direct.

Il s’agit la plupart du temps d’une visioconférence, pouvant réunir plusieurs dizaines de personnes, autour d’un ou plusieurs formateurs/enseignants. Ces formateurs animent cette visioconférence à l’aide de présentations powerpoint, de jeux, de mise en situation, etc…..


Parlons maintenant des critiques autour de l’utilisation abusive de cette modalité : mais pourquoi donc la classe virtuelle a si mauvaise réputation après 1 an et demi de COVID ?


La réponse est simple : elle est souvent mal utilisée.

Son utilisation classique, à l' université, à l’école, en entreprise ou dans un organisme de formation, est majoritairement sous un format de “conférence”, qui reprend les codes de la formation présentielle sans en avoir les possibilités. Nous nous retrouvons souvent avec 6 ou 7h de visioconférence, parfois sur plusieurs jours.


Pourquoi cela ne peut pas fonctionner ?


D’abord pour un sujet d’environnement de formation. Lorsque vous êtes en classe virtuelle, vous êtes soit chez vous, soit à lieu de travail généralement. Vos capacités cognitives sont alors sur-sollicitées, souvent sans pause, sur un contenu complexe et dense. Pourquoi sur-sollicitées ? Votre cerveau doit prendre en compte l’ordinateur, l’écran, la souris, le clavier, mais également votre bureau, les différentes sollicitations auditives (le chat qui miaule, la machine à laver qui tourne, les bruits de l’atelier, les collègues qui vous disent bonjour), visuelles ou autres (odeurs par exemple). Ce phénomène rend tout simplement impossible l’ancrage mémoriel et l’apprentissage.


Autre obstacle à la classe virtuelle de type “conférence” : la capacité de concentration humaine.

Rappelez vous que l’empan mnésique (la capacité de votre mémoire à retenir des informations en un temps limité) est restreint. Sans pause régulière ou sans une diversité d'interactions et de sollicitations, votre mémoire n'imprime pas la majorité des informations auxquelles elle sera exposée. Plus facile à faire en présentiel, avec des pauses formelles et informelles, des ateliers, des mises en pratique, des quizz...cela devient autrement plus compliqué sur une visioconférence de 6 heures ! La diversité d'interactions est ultra limitée : le média reste souvent l’ordinateur (utilisation de qcm, de sondages, de post-it virtuels), au mieux le smartphone.



Les “bonnes utilisations” d’une classe virtuelle ?


Enseigner à distance, animer une classe virtuelle, ce n’est pas un exercice qui s’improvise !

Voici quelques bonnes pratiques autour de cette modalité qui peut être parfaite pour l’apprentissage à distance.


Conseil 1 : Pensez petit !

Oui, en ce qui concerne les classes virtuelles, la taille compte….inversement. Limiter le temps d’une classe virtuelle - pas plus de 2 heures d’affilée - et le nombre de participants - jamais plus de 6 personnes - est un très bon début pour votre formation. Faites le calcul pour vous en convaincre : 1h de classe virtuelle / 6 participants = 10 minutes par participant...sans compter l’intro et la conclusion !


Conseil 2 : la classe virtuelle est un excellent moyen de suivi de vos apprenants !

Après un parcours de formation, vous pouvez séparer vos apprenants en petits groupes (2 à 4 personnes par exemple) et organiser des sessions de suivi plusieurs semaines ou mois après, pour faire le point sur les acquis et continuer l’apprentissage en répondant à leurs interrogations. Faciles à organiser en petits groupes, pas besoin de se déplacer, la classe virtuelle permet aussi de conserver un contact direct avec vos apprenants dans ce cadre là.


Conseil 3 : Évitez les cours magistraux !

Si vous avez suivi les 2 premiers conseils autour de la classe virtuelle, vous comprenez rapidement qu’elle est moins adaptée à une transmission descendante du savoir, mais beaucoup plus à des actions de coachings par exemple, de correction de cas pratiques ou de QCM à réaliser à la maison, ou encore de démonstration de gestes techniques (une recette de cuisine !) ou de manipulation d’un logiciel. Le digital offre de nombreuses possibilités, grâce au blended learning les modalités sont exploitées pour avoir une efficacité pédagogique optimale pour ses apprenants.


Tout sauf le powerpoint de 150 slides :-)


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