Rechercher

Digitaliser ses formations dans l'industrie : l'exemple de messer

Dernière mise à jour : 15 avr.



Bonjour Olivier, j’espère que vous allez bien.

Tout d’abord, pouvez-vous me présenter Messer France ?

Filiale du groupe familial allemand Messer, Messer France produit et distribue des gaz industriels, alimentaires et spéciaux comme l’oxygène, l’azote ou l’argon. C’est également un laboratoire pharmaceutique pour son activité de production de gaz médicaux. Nos produits, les Gases for Life, et nos solutions technologiques aident différentes typologies de clients dans de nombreux secteurs, de l’agroalimentaire à la chimie, en passant par le médical le traitement des eaux, l’environnement ou encore le soudage. Nous sommes présents sur tout le territoire grâce à 16 sites (siège social à Suresnes en Ile-de-France, agences en région, sites de production) et un réseau d’environ 300 dépositaires.

Nous nous appuyons sur quelque 370 collaborateurs, répartis entre des fonctions support comme le juridique, la finance ou encore les ressources humaines, et des fonctions très « terrain », au niveau opérationnel comme la production, la logistique, la maintenance ou encore les installations en clientèle et au niveau du commerce avec une force de vente itinérante.


Pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre parcours ?

Je suis Olivier Bourrier, responsable de formation chez Messer France. Je définirais mon parcours comme atypique, ce qui m’a permis de développer de multiples compétences dans des domaines variés.


Titulaire d’un doctorat en chimie des polymères, l’univers de la pédagogie et de la transmission du savoir m’a très vite accroché. J’ai donc notamment été professeur à l’université et professeur des écoles.


Mon introduction au monde des gaz de l’air s’est faite au Canada, chez un des concurrents de Messer, où je fus responsable du support technique et commercial en appui des forces de vente. C’est tout naturellement que je me suis dirigé vers le poste de responsable formation chez Messer France.

Lorsque vous êtes arrivé chez Messer France, à quoi ressemblait la formation interne ?

C’était de la formation interne uniquement en présentiel de type «  tutorat  ». Après une session d’onboarding et d'acculturation «  Messer  », les nouveaux arrivants passent quelques formations en interne, ils sont pris en charge par leurs tuteurs/managers qui leur apprennent le travail « sur le tas ». Et parce que Messer France est un laboratoire pharmaceutique, nous avons aussi des formations réglementaires obligatoires, données en présentiel par nos pharmaciens.

Un des challenges inhérents à ce système est la difficulté à suivre l’évolution des formations reçues. De plus, il est difficile d’harmoniser les parcours de formation sur l’ensemble de nos sites. Ce sont toutes ces difficultés qui nous ont poussé à digitaliser nos formations.

À part Ces difficultés, y avait-il d’autres raisons qui vous ont poussé à digitaliser vos formations ? Que ce soit d’un point de vue budgétaire ou pédagogique par exemple.

En effet, il y avait une raison évidente qui était la gestion des coûts en interne. Les formations sont assurées par nos experts et les managers. Cela devient vite très chronophage car ils doivent former les nouveaux arrivants sur plusieurs sites géographiquement éloignés.


Maintenant, pouvez-vous m’expliquer quel a été le parcours que vous avez suivi pour passer de vos formations présentielles à des formations mixtes ?

Tout d’abord, nous avons compris que la digitalisation nous permettrait d’offrir à nos apprenants une plateforme et des modules de formation consultables lorsqu’ils le souhaitent, à la demande. Nous avions pour volonté d’offrir des formations primordiales, voire « basiques », par exemple tout ce qui concerne la sécurité et les gestes « de base » dans le métier, à nos apprenants. Nous voulions également permettre des « piqûres de rappel » à nos collaborateurs présents depuis des années pour leur rappeler ces mêmes bases.

Jusqu’à présent, la digitalisation de la formation était l’apanage du groupe Messer. C’était géré de façon centralisée, avec un outil peu flexible et duplicable en France. Disposer de notre propre solution était donc un réel projet de rupture pour Messer France. Et cela a pu être concrétisé, car les filiales sont indépendantes chez Messer. Cette indépendance nous permet d’organiser nos programmes de formation comme nous le souhaitons, en fonction des besoins et des spécifications liées à notre activité en France.


Premièrement, nous avons effectué une veille pour nous familiariser avec le sujet de la digitalisation et du e-learning. Personne n’était calé sur la formation digitale ! Nous avons cherché quels étaient les différents types de solutions apportées par ce type de formation et comment les choisir. Nous nous sommes renseignés sur le marché et nous avons dressé un cahier des charges pour pouvoir l’adapter au marché du digital.


Comment avez-vous fait pour vous acculturer sur le sujet ?

Par Internet, d’abord. Nous sommes allés sur les salons aussi. Le réseau social LinkedIn a également été bénéfique pour cette acculturation : nous sommes souvent sollicités via ce réseau et pendant cette période j’ai été plus «  ouvert  ».


D’ailleurs ! Si je peux prodiguer un conseil aux personnes qui se lancent dans ce type de projet, ce serait de tendre l’oreille, ne restez pas sourd. Bien sûr, il peut y avoir du mauvais mais surtout du bon. Il faut écouter et réfléchir à vos besoins, qui peuvent évoluer dans le temps. Les sollicitations peuvent se transformer en une très bonne source d'information, il ne faut pas les négliger. 



Cependant, il ne faut pas se presser, il faut prendre son temps pour bien analyser la situation.


Je tiens également à préciser que c’est vous, Flowbow, qui m’avez en grande partie «  éduqué  » sur l’e-learning. Il faut vraiment prendre le temps de se renseigner et de construire son projet avec le bon accompagnement. Trouvez une entité neutre vis-à-vis du marché, qui vous conseille sur vos besoins pour vous apporter la solution la plus adaptée. Son intérêt est de résoudre vos problèmes et de vous conseiller au mieux.

Une fois cette phase d’acculturation terminée, qu’avez-vous fait ?

Nous avons ensuite effectué une phase de test.

L’objectif était de vérifier si un parcours de formation «  mixte  », avec du digital et du présentiel pouvait fonctionner chez Messer. Auprès de nos apprenants, comme de notre équipe de formateurs.

Nous avons opéré des tests avec Flowbow sur deux sujets différents en digitalisant 2 parcours de formation : un parcours « opérationnel » de manipulation de bouteilles et un parcours au sujet de la compliance. Ces deux sujets diamétralement opposés quant à leur thématique sont aussi très différents tant au niveau de la présentation que de l’ingénierie pédagogique.


En parallèle, Flowbow a trouvé un moyen de nous « prêter » des licences de LMS, pour déployer ces tests sur une cinquantaine d’apprenants.


Le test a été concluant, les résultats ont été très positifs dans les deux cas, avec une forte participation, une capacité à aller jusqu’à la fin du test dans 90% des cas, et également un taux de satisfaction autour de 90%.


Il y a eu un réel intérêt porté sur le contenu et sur la technologie et sur la manière de naviguer. Mais surtout, en termes d’objectifs pédagogiques, je peux dire qu’ils ont été atteints.

Et pour le futur, qu’allez-vous mettre en place pour aller plus loin ?

Nous voulons créer du contenu en interne, et donc mobiliser un groupe de formateurs experts qui créera du contenu. Il va falloir que nous les formions, que nous les fassions monter en compétences sur l’aspect technique du LMS mais surtout sur les bonnes pratiques d’ingénierie pédagogique. Le but est que Flowbow nous aide à monter en compétences sur ce point.




Nous voulons devenir autonomes, nous ne pouvons pas nous permettre d’externaliser d’un point de vue budgétaire. Le challenge est de trouver des personnes motivées et de les faire monter en compétences.


Tiens, si je peux donner une nouvelle astuce : Je pense que le plus important dans ce métier est de savoir comment présenter le contenu et le faire apprendre de manière efficace aux apprenants. Une information mal présentée sera moins bien retenue qu’une information bien présentée qui captera l’attention de l’apprenant.
 

Nous sommes bien d’accord que l’objectif de Messer France n’est pas de passer au « tout numérique » ?


Non, nous voulons opter pour un modèle blended. Nos formations ne seront pas uniquement sous format digital, elles seront réfléchies et adaptées à nos problématiques grâce aux modalités possibles.

 

Abonnez-vous à notre newsletter !