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Le Blended-Learning, mode passagère ou réelle efficacité pédagogique ?

Dernière mise à jour : oct. 20


Rappelons tout d’abord de quoi parle-t-on quand on évoque ce terme de formation blended learning :


Un dispositif de formation blended ou apprentissage mixte est une appellation pour un parcours de formation avec plusieurs modalités de formation. Ce parcours va donc être composé de formation en ligne, de formation en présentiel, de modules synchrones (en même temps que le formateur) et asynchrone (pas en même temps que le formateur).

La notion de mixte vient du fait qu’on va faire appel à ses différentes modalités, dans la mesure du possible, pour ses avantages dans la formation.


On a longtemps considéré qu’un parcours de formation en blended learning devait nécessairement être composé de modules elearning (asynchrones donc) et de modules présentiel (synchrone-présentiel). Cependant, un blended learning peut parfaitement être intégralement distanciel avec un module synchrone comme une classe virtuelle par exemple et un module elearning.



Le blended learning a vécu deux périodes marquantes :


La première, dans les années 2010, la plupart des organismes de formation ont pris en compte que la digitalisation des formations devenait un enjeu économique intéressant, mais le e-learning et la classe virtuelle n’étant pas considérées comme de vraies modalités de formation, ces éléments ont été mis en oeuvre en option, en complément d’un présentiel.

Cela a permis de réduire le temps de présentiel, donc de formateur expert sans pour autant réduire le tarif de la prestation. Problème, cette façon de faire a largement contribué à dénigrer les modalités de formation à distance, car subsidiaire, optionnelle, et développées sans réelle ingénierie pédagogique.


La seconde période, on vient d’y entrer … En effet, la crise du Covid-19 a forcé organismes de formation et entreprises à considérer ces modalités comme de vraies modalités de formation (voici un article concernant l'impact de la crise sanitaire sur les formations). Ainsi le blended learning devient une nécessité, pour laquelle des moyens peuvent être mis sur la table avec une réelle ingénierie pédagogique. On s’est tous vite rendu compte pendant ces derniers mois qu’un présentiel en classe virtuelle sans ajustement pédagogique ça ne marchait pas ! On a vu aussi de belles initiatives pédagogiques émerger, des gens se former seuls, en cherchant sur internet des contenus (conférences, e-learning, pdf à télécharger ...) pour monter en compétence en utilisant toutes les modalités de formation qui étaient à leur disposition, et ainsi tirer tous les avantages possibles de leur formation.

On a pu se rendre compte que le blended learning offre de réels avantages si et seulement si la stratégie blended learning est bien pensée, et que chaque modalité est utilisée pour ce qu’elle a d’efficace pour les apprenants.



Vers l’âge d’or du blended learning ?


En France, nous aimons le présentiel. Souvent quand on parle de digitalisation de formation on nous répond “Vous voulez tuer le présentiel ! C’est important quand même, non ?”. Notre réponse est toujours la même !

“Aucune formation ne devrait être unimodale !”

L’apprentissage chez l’humain, pour être efficace, a besoin de diversité. Diversité dans les modalités, dans les approches pédagogiques, dans l’acquisition et la mémorisation. Ainsi l’objectif n’est JAMAIS de supprimer le présentiel, mais bien d’en faire un moment du parcours de formation où cette modalité sera utile à 100% et pédagogiquement efficace.

L’idéal pédagogique est donc de bien définir en premier lieu les objectifs opérationnels de votre cible apprenante. Pourquoi ont-ils besoin d’une formation ? En général nous avons besoin de nous former pour découvrir, nous améliorer (quantité, qualité), réduire nos imperfections, remettre en question nos pratiques. Ainsi, il est essentiel de bien définir quels sont les résultats attendus de la part des apprenants pour définir une formation qui saura répondre à 100% à ces enjeux. Hors un programme de formation mixte sera le seul à pouvoir y répondre pleinement.

En effet, il ne s’agit plus de parler de parcours de formation mais bien de parcours de montée en compétence.


Un effet du blended learning que l’on oublie souvent est qu’il est possible et même souhaitable qu’entre chacune des modalités les apprenants doivent mettre en œuvre un certain nombre de leurs acquis sur le terrain “en vrai”. Cela permet de rendre la formation plus concrète, et là, les modalités de suivi de cette mise en œuvre font partie intégrante du parcours de montée en compétences, elles ont une réelle utilité.

Le blended learning sort ainsi du LMS (Learning management System) dans lequel il a été posé pour devenir une aide opérationnelle.

La vraie difficulté que cette vision d’un parcours de montée en compétence pose, est l’organisation de sessions de formation. On voit donc ici que la volonté n’est pas de former en masse une population sans s’intéresser à ses besoins de montée en compétences mais bien de cibler les apprenants qui ont une réelle nécessité de progresser ou de découvrir.


OK mais comment faire ?


Souvent, le frein que l’on voit chez nos clients pour intégrer ce type de dispositif mixte est le manque d’outil ou des problèmes d’organisation interne.

En réalité, les outils ne sont que des moyens, et aujourd’hui il en existe de toutes sortes, pour tous les budgets (même gratuits), pour toutes les stratégies. L’essentiel est de bien comprendre qui sont vos apprenants, quels sont les objectifs opérationnels pour lesquels ils auraient besoin de formation. Ainsi toute ingénierie pédagogique devrait commencer par décliner les objectifs opérationnels en objectifs pédagogiques puis d’y associer les modalités de formations les plus adaptées. Reste plus qu’à y associer un délai de déploiement global et ça y est ! Vous avez votre parcours de montée en compétences.


Vous le voyez, cette stratégie va à l’encontre de la plupart des Cooc (Corporate Open Online Courses), Mooc (Massive Open Online Courses) et autres dispositifs de catalogue de formation. En effet, l’idée ici n’est pas de proposer un catalogue dans lequel on peut piocher comme dans un buffet en fonction de la faim du jour mais bien d’avoir une proposition sur-mesure pour chaque apprenant, ou tout du moins, pour chaque besoin de formation.

Ces éléments “à disposition” sont néanmoins très efficaces à deux conditions (qui sont assez limitantes) :

1- L’apprenant à une réelle motivation intrinsèque pour suivre ce parcours

ou

2- La formation mise à disposition est intégrée à un parcours de formation complet, mixte, qui répond à un besoin réel de formation et pas juste à une compensation managériales par manque d’augmentation salariale …


Prêt à blender ?


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